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Ressenti de bonheur 04 02 12


 

 

Ressenti de bonheur
 
Cela n’a pas pu vous échapper si vous suivez régulièrement les bulletins météorologiques télévisés. Nous venons d’entrer dans l’ère du ressenti. Il en est du vocabulaire comme de nos comportements. Il épouse l’air du temps. Hier, on stigmatisait à tout va, aujourd’hui, on ressent à tout vent. Nous avons une température de moins deux degrés mais un ressenti de moins cinq. En clair, nous avons plus froid qu’il ne fait froid. En fait, le ressenti ment. La sensation submerge la raison. Et tout cela, à cause de cette maudite brise glaciale qui nous met du rose aux joues et nous brouille le regard et le discernement. La semaine dernière, à l’occasion de la cérémonie des vœux de la Communauté de Communes du Pays Fouesnantais (rassurez-vous, ce sont les derniers de l’année), j’ai succombé, moi-même, au tropisme du moment. Alors que, ni l’air ambiant, ni le confort rustique des fauteuils de la salle du Nautile de La Forêt-Fouesnant ne le justifiaient, un ressenti de bien-être m’a envahi le corps, lorsque la dame de l’Agence de Développement Touristique (nouvel avatar du Comité Départemental) a mesuré l’impact économique du tourisme dans notre département et, bien sûr, dans le Pays Fouesnantais. Évoquer les activités littorales, fût-ce à l’aide de courbes et de diagrammes, à l’heure où nous nous calfeutrons pour faire face aux rigueurs climatiques, c’est installer une parenthèse ensoleillé au cœur de l’hiver glacé. C’est nous bercer de promesses de belles promenades, les pieds dans l’eau, et de longues et paresseuses soirées sur les terrasses de l’été retrouvé. Cela donne chaud au cœur, d’autant plus que la dame de l’A.D.T a confirmé que le Pays Fouesnantais était bien la première destination des touristes dans un département qui se situe, lui-même, au septième rang français. Et, encore, ne compte-t-on pas les excursionnistes, ces touristes de leur propre département qui, on nous l’a donné en exemple, quittent Brest pour venir passer la journée à Saint-Evarzec. Remarquez, ils ne devraient pas être très nombreux !
 
C’est le président, Roger Le Goff, qui m’a remis les pieds sur terre et a chassé ma douce euphorie. L’autosatisfaction serait rédhibitoire. Plus que jamais, l’heure est à la mobilisation et à l’innovation. Sachez-le, mes frères en ignorance. L’heure de l’E-tourisme (prononcez I-tourisme) a sonné. L’E-tourisme ? C’est l’utilisation des nouvelles technologies pour découvrir ou vendre un territoire. Quelques chiffres pour vous en convaincre : 73 % des Français utilisent Internet pour préparer leur séjour, 74 % ont lu des avis de clients sur leur écran avant de choisir leur point de chute, 46 % des internautes ont réservé en ligne, 37% des touristes français partent en vacances avec un ordinateur portable ou un smartphone. Autant dire qu’ils vont vouloir se connecter en cherchant un accès wifi qui devrait leur permettre de sélectionner la crêperie la plus proche, le concert de chants de marins de la soirée ou de repérer le jour de fermeture du glacier de la station. La satisfaction de tous les désirs en un frôlement de doigt ! Finies les mauvaises surprises des campings complets, les incertitudes des itinéraires encombrées ou la poésie des « vues sur mer » bétonnées. A la Communauté de Communes, on a pris la mesure de cette révolution numérique et David Le Chenadec, le chargé de communication, s’active à mettre en place une stratégie qui donnera à nos visiteurs de l’été les moyens de connaître, en temps réel, les animations, les bons plans, les infos pratiques selon l’endroit où l’on se situe dans le Pays Fouesnantais. Soudain, une irrépressible sensation de désarroi et de solitude m’a saisi. Et les laisser-aller du vacancier dans tout cela ? Et les charmes de l’imprévu ? Et les heureuses découvertes au bout du chemin ? Que nenni ! On m’assure qu’il va falloir choisir entre la révolution en marche ou la voie de garage. Heureusement, Jean-Yves Lefloch, directeur de l’Office Municipal de Tourisme de Fouesnant, m’a entretenu d’un projet de communication qui parerait nos rivages de tous les sortilèges d’une Riviera bretonne. Et, les yeux mi-clos, j’ai vu de belles alanguies, ignorant les portables, qui quittaient le casino de Bénodet pour regagner leur yacht amarré à Port-La-Forêt tandis que les palmiers de Ker-Elo saluaient leur passage en balayant nonchalamment un ciel sans nuage. Insouciance de vacances fantasmées et ressenti de bonheur sans partage. Les nouvelles technologies ne m’empêcheront tout de même pas de rêver !
 
JYLD
 
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